2014-01-01 12:26:35

L'espérance chrétienne n'est pas une illusion


(RV) En cette 47° Journée mondiale de la paix, solennité de Marie, Mère de Dieu, le Pape François a confié à la Sainte Vierge les désirs de nos cœurs et les besoins du monde entier. Le Saint-Père a célébré la messe dans la Basilique Saint-Pierre avant de réciter l’Angélus à midi. En ce début d’année 2014, il a exhorté les fidèles à l’espérance. Non pas à une espérance illusoire, fondée sur de fragiles promesses humaines ; non pas à une espérance naïve qui imagine un avenir meilleur tout simplement parce qu’il s’agit du futur. Notre espérance trouve sa raison d’être dans la bénédiction de Dieu.

A 10h, ce mercredi matin, le Pape François a donc célébré dans la Basilique Saint-Pierre la messe de la Solennité de Marie, Mère de Dieu, en présence de nombreux membres du corps diplomatique. Il avait à ses côtés le nouveau Secrétaire d’Etat du Saint-Siège, Mgr Pietro Parolin, le Substitut, Mgr Becciu, et le président du Conseil pontifical Justice et Paix, le cardinal Peter Turkson.

Dans son homélie, le Saint-Père a évoqué « la faim et la soif de justice et de paix en appelant les fidèles à faire preuve de force, de courage et d’espérance. Non pas une espérance illusoire, basée sur de fragiles promesses humaines ; ni une espérance naïve qui imagine un avenir meilleur seulement parce qu’il est l’avenir. Cette espérance a sa raison d’être dans la bénédiction de Dieu, une bénédiction qui contient le souhait le plus grand, le souhait de l’Église pour chacun de nous, souhait rempli de toute la protection affectueuse du Seigneur, de son aide providentielle. »

Commentant le titre principal et essentiel de la Vierge Marie Mère de Dieu, il a invité les fidèles à lui confier leur itinéraire de foi, les désirs de leur cœur, leurs nécessités, les besoins du monde entier, spécialement la faim et la soif de justice et de paix.

A l’offertoire, trois adolescents, faisant partie des Chanteurs de l’Etoile, vêtus d’une tunique et portant une couronne sur la tête, sont montés à l’autel. Selon une tradition très répandue en Allemagne, en Autriche et dans les pays limitrophes, les Chanteurs de l’Etoile, des enfants et des jeunes déguisés en Rois mages, passent de maison en maison pour porter la bénédiction de Jésus et recueillir des offrandes pour les jeunes de leur âge qui souffrent dans le monde entier.







Traduction intégrale de l’homélie prononcée par le Pape François en ce 1er janvier 2014

La première lecture nous a proposé à nouveau l’ancienne prière de bénédiction que Dieu avait suggérée à Moïse pour qu’il l’enseigne à Aaron et à ses fils : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! » (Nb 6, 24-26). Il est ô combien significatif de réécouter ces paroles de bénédiction au début d’une année nouvelle : elles accompagneront notre chemin pour le temps qui s’ouvre devant nous. Ce sont des paroles de force, de courage, d’espérance. Non pas une espérance illusoire, basée sur de fragiles promesses humaines ; ni une espérance naïve qui imagine un avenir meilleur seulement parce qu’il est l’avenir. Cette espérance a sa raison dans la bénédiction de Dieu, une bénédiction qui contient le souhait le plus grand, le souhait de l’Église pour chacun de nous, souhait rempli de toute la protection affectueuse du Seigneur, de son aide providentielle.
Le souhait contenu dans cette bénédiction s’est réalisé pleinement en une femme, Marie, en tant que destinée à devenir la Mère de Dieu ; et il s’est réalisé en elle avant toute autre créature.
Mère de Dieu ! C’est le titre principal et essentiel de la Vierge. Il s’agit d’une qualité, d’un rôle que la foi du peuple chrétien, dans sa tendre et naïve dévotion pour la maman du ciel, a perçu depuis toujours.
Rappelons-nous ce grand moment de l’histoire de l’Église antique, le Concile d’Éphèse, au cours duquel fut défini avec autorité la maternité divine de la Vierge. La vérité sur la maternité divine de Marie trouva écho à Rome où, peu de temps après, fut construite la Basilique de Sainte Marie Majeure, premier sanctuaire marial de Rome et de tout l’Occident, où on vénère l’image de la Mère de Dieu – la Theotokos – sous le titre de Salus populi romani. On raconte que, pendant le Concile, les habitants d’Éphèse se rassemblèrent devant la porte de la Basilique où se réunissaient les Évêques et crièrent : « Mère de Dieu ! » Les fidèles, demandant de définir officiellement ce titre de la Vierge, montraient en reconnaître la divine maternité. C’est l’attitude spontanée et sincère des enfants qui connaissent bien leur Mère, parce qu’ils l’aiment d’une immense tendresse.
Marie est depuis toujours présente dans le cœur, dans la dévotion et surtout sur le chemin de foi du peuple chrétien. « L’Eglise marche au cours du temps… et sur ce chemin elle progresse en suivant l’itinéraire accompli par la Vierge Marie » (JEAN PAUL II, Enc. Redemptoris Mater, n. 2). Notre itinéraire de foi est le même que celui de Marie, c’est pourquoi nous la sentons particulièrement proche de nous ! Concernant la foi, qui est le pivot de la vie chrétienne, la Mère de Dieu a partagé notre condition, elle a du marcher sur les mêmes routes que nous parcourons, parfois difficiles et obscures, elle a du avancer dans le « pèlerinage de la foi » (CONC. ŒCUM. VAT. II, Const. Lumen gentium, n. 58).
Notre chemin de foi est lié de manière indissoluble à Marie depuis que Jésus, mourant sur la croix, nous l’a donnée pour Mère en disant : « Voici ta mère ! » (Jn 19, 27). Ces paroles ont la valeur d’un testament et donnent au monde une Mère. Depuis ce moment, la Mère de Dieu est devenue aussi notre Mère ! Au moment où la foi des disciples était fissurée par tant de difficultés et d’incertitudes, Jésus les confiait à Celle qui avait été la première à croire, et en qui la foi n’a jamais faibli. Et la « femme » devient notre Mère au moment où elle perd son divin Fils. Son cœur blessé se dilate pour faire place à tous les hommes, bons et mauvais, et elle les aime comme elle aimait Jésus. La femme qui aux noces de Cana en Galilée avait coopéré par la foi à la manifestation des merveilles de Dieu dans le monde, au calvaire tient allumée la flamme de la foi en la résurrection du Fils, et elle la communique aux autres avec une affection maternelle. Marie devient ainsi source d’espérance et de vraie joie !
La Mère du Rédempteur nous précède et sans cesse nous confirme dans la foi, dans la vocation et dans la mission. Par son exemple d’humilité et de disponibilité à la volonté de Dieu elle nous aide à traduire notre foi en annonce joyeuse et sans frontières de l’Évangile. Ainsi notre mission sera féconde, parce que modelée sur la maternité de Marie. Confions lui notre itinéraire de foi, les désirs de notre cœur, nos nécessités, les besoins du monde entier, spécialement la faim et la soif de justice et de paix ; et invoquons-la tous ensemble : Sainte Mère de Dieu !








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