Poursuite du dialogue œcuménique et respect entre les religions
Rencontre mercredi entre le pape François et les représentants des diverses églises
chrétiennes et des communautés ecclésiales, de la communauté juive et des autres religions,
dans la salle Clémentine, au Vatican.
Le souverain pontife a rencontré avant
le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée Ier, ainsi que le métropolite
Hilarion, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat
de Moscou. Vers midi, le pape a tenu un discours face à l’ensemble des représentants
des autres confessions chrétiennes et des autres religions. Les mêmes qui ont participé
à la messe d’inauguration du nouveau pontificat, mardi sur la place Saint-Pierre.
Et
c'est en racontant son sentiment lors de cette messe particulière que le pape a commencé
son discours. Voir toutes les délégations fraternelles a été pour lui « une expérience
d’unité » et « le signe » d’une future et pleine unité.
L'importance de
Vatican II sur le chemin de l'unité
En cette année de la foi voulue par
Benoît XVI à l’occasion des 50 ans de Vatican II, le pape François n'a pu « que rappeler
l’importance du concile sur le chemin de cette unité » avec et voulue par le Seigneur.
Celle-ci suppose, comme le disait déjà Jean Paul II, un engagement total de l’Eglise
catholique.
« Sentons-nous tous unis pour l’unité avec le Seigneur ». Ainsi,
a dit le pape François, nous rendrons « un service d’espérance pour un monde encore
marqué par des contrastes et des rivalités ». Il a exprimé sa « ferme volonté » de
poursuivre le dialogue œcuménique et a demandé à toutes les délégations « une prière
spéciale » pour lui, afin qu’il soit « un pasteur selon le cœur du Christ ».
Aux
représentants juifs, devant lesquels il a pris le temps de souligner « le lien spirituel
très fort » qui unit juifs et catholiques, le pape a espéré « qu'avec l’aide de Dieu,
nous poursuivront ce dialogue voulu par le Concile et qui a déjà porté ses fruits
ces dernières décennies ».
Le pape a salué également les musulmans. C’est à
ce moment qu’il a prononcé les mots les plus forts, l’expression d’un désir et peut-être
d’une urgence : il a souligné une « estime réciproque » et « le travail commun (à
accomplir) pour le bien de l’humanité ».
« Amitié et respect des hommes
de différentes traditions religieuses »
« L’Eglise catholique est consciente
de l’importance de l’amitié et du respect des hommes de différentes traditions religieuses
». Cette phrase, le pape l'a répété deux fois pour souligner son importance. « Ensemble
», a-t-il dit, nous pourrons « faire le bien de ceux qui souffrent », « promouvoir
la réconciliation et la paix ».
Autre mission qui nécessite un travail commun
: redonner toute sa dimension à l’homme « qui n’est pas seulement une personne qui
consume et produit ». Le pape a rappelé les risques qu’encourent les sociétés qui
éliminent Dieu, a appelé chacun à provoquer des « ouvertures à la transcendance »,
« essentielle » selon lui.
La dernière parole du pape est allée d’ailleurs
aux hommes qui ne se reconnaissent en aucune tradition religieuse. « Nous devons être
proches » de ces hommes et ces femmes qui sont à la recherche de la vérité, de la
bonté, la beauté de Dieu ».
Marie Duhamel
(Photo : le pape salue
le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée Ier, juste après le discours
de ce dernier)